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Le contrat d'apprentissage — le levier que la plupart des TPE n'utilisent pas assez

  • Photo du rédacteur: Anthony LEGROS — Ordalis.
    Anthony LEGROS — Ordalis.
  • 14 mai
  • 5 min de lecture

Embaucher quelqu'un quand on dirige une TPE c'est souvent perçu comme un risque. Un salaire fixe à honorer chaque mois, des charges sociales qui s'ajoutent, des démarches administratives. Beaucoup de dirigeants repoussent cette décision — parfois pendant des années — alors même que leur activité en aurait besoin.


Il existe pourtant un dispositif qui change radicalement ce calcul. Un dispositif utilisé massivement par les grandes entreprises mais sous-exploité par les TPE et les artisans alors qu'il a été largement pensé pour eux.


Le contrat d'apprentissage :


Ce que la plupart des dirigeants de TPE ne savent pas


Quand on évoque l'apprentissage, beaucoup pensent formation initiale, jeune de 16 ans, secteur de la boulangerie ou du BTP. La réalité est bien plus large. L'apprentissage concerne aujourd'hui tous les secteurs, tous les niveaux de qualification du CAP au Master, et des jeunes jusqu'à 29 ans révolus dans la plupart des cas.


Et les avantages financiers pour l'employeur sont considérables — à condition de les connaître.



Avantage 1 — Des charges sociales quasi nulles


C'est l'avantage le plus méconnu et pourtant le plus puissant. Un salarié classique coûte à l'employeur environ 40 à 45 % de plus que son salaire brut en charges patronales. Pour un salarié à 1 800 € net, le coût réel pour l'entreprise dépasse 2 500 €.


Avec un apprenti c'est radicalement différent. Les contrats d'apprentissage bénéficient d'une exonération quasi totale des cotisations sociales patronales et salariales pour les employeurs de moins de 11 salariés.


Concrètement cela signifie deux choses qui changent tout.


D'abord le salaire brut de l'apprenti est pratiquement égal à son salaire net. Les cotisations salariales étant exonérées, l'apprenti perçoit sur son compte bancaire un montant très proche de ce qui est inscrit sur sa fiche de paie. Pas de mauvaise surprise pour lui au moment de la signature du contrat.


Ensuite le coût réel pour l'employeur est limité au salaire brut — sans les charges patronales habituelles. Le surcoût lié à l'embauche est donc structurellement beaucoup plus faible que pour tout autre type de contrat.


Avantage 2 — Une aide de 500 € par mois la première année


Depuis la réforme de l'apprentissage et son renforcement ces dernières années, les TPE bénéficient d'une aide au recrutement versée par l'ASP (Agence de Services et de Paiement) pour chaque apprenti embauché.


Pour les entreprises de moins de 250 salariés cette aide représente jusqu'à 6 000 € la première année du contrat, soit 500 € par mois. Elle est versée directement à l'employeur sans démarche complexe — la déclaration se fait via le tableau de bord de l'opérateur de compétences (OPCO) et le suivi via le Système de Liaison et d’Aide à l’Emploi (SYLAé).


Cette aide vient s'ajouter à l'exonération de charges. Pour une TPE qui embauche un apprenti au niveau minimum de rémunération, le coût mensuel net peut être inférieur à ce que l'on imagine avant de faire le calcul.


Un exemple concret — un apprenti en deuxième année de BTS rémunéré à 60 % du SMIC soit environ 1 100 € brut. Charges quasi nulles, aide de 500 € le premier mois. Le coût net mensuel pour l'employeur se situe autour de 600 €. Pour une présence à temps plein — ou presque — dans l'entreprise.


Avantage 3 — Un jeune qui apporte ce qu'il apprend


C'est l'avantage le moins quantifiable mais souvent celui que les dirigeants citent en premier quand on leur demande ce qui les a le plus surpris avec l'apprentissage.


Un apprenti passe entre 40 et 50 % de son temps en centre de formation. Il y apprend des méthodes, des outils, des pratiques souvent plus récentes que celles utilisées au quotidien dans l'entreprise. Et il revient avec.


Un apprenti en comptabilité qui revient de son CFA avec une maîtrise d'un logiciel que vous n'utilisez pas encore. Un apprenti en communication qui rapporte des techniques de réseaux sociaux vues en cours. Un apprenti en mécanique qui connaît les dernières normes réglementaires de son secteur.


Ce flux d'information dans les deux sens — vous formez l'apprenti à votre métier terrain, il vous apporte les apprentissages théoriques de son centre — est une richesse réelle pour une TPE qui n'a pas les moyens de financer des formations continues régulières.


Avantage 4 — La possibilité de former son futur collaborateur


Embaucher un apprenti c'est aussi commencer une relation professionnelle sur la durée. Vous le formez à votre façon de travailler, à vos exigences, à votre culture client. Il connaît vos fournisseurs, vos outils, vos méthodes.


À l'issue de son apprentissage — 1, 2 ou 3 ans selon le diplôme préparé — vous avez le choix. Soit vous l'embauchez en CDI sur un poste qui correspond à sa qualification nouvellement acquise. Soit vous continuez avec un contrat d'apprentissage sur un niveau de qualification supérieur.


Dans les deux cas vous avez formé quelqu'un qui connaît parfaitement votre entreprise. C'est une valeur considérable pour une TPE où chaque personne joue un rôle clé. Beaucoup de dirigeants qui ont recruté un premier apprenti reviennent systématiquement à ce dispositif. Non pas parce qu'ils ont lu un guide — mais parce qu'ils ont vu le retour concret dans leur activité.



Un point de vigilance

L'apprentissage demande un investissement en temps. Vous êtes maître d'apprentissage — cela signifie que vous accompagnez, expliquez, corrigez et évaluez régulièrement. Pour une TPE où le dirigeant est déjà sollicité de toutes parts, il faut anticiper ce temps de transmission.


Le lien avec votre gestion

Un apprenti c'est aussi un coût supplémentaire à intégrer dans votre prévision de trésorerie — même réduit. Avant de vous lancer, assurez-vous que votre activité peut absorber cette charge mensuelle nette même en période creuse.


C'est exactement le type d'analyse qu'Ordalis. réalise pour vous — calculer l'impact d'une nouvelle charge sur votre seuil d'équilibre, vérifier que votre trésorerie tient sur 6 mois avec ce nouveau poste de dépense, et vous donner une projection claire avant que vous preniez la décision.


Parce que les bonnes décisions se prennent avec les bons chiffres devant soi — pas dans le brouillard.

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Note : Les montants et conditions mentionnés dans cet article correspondent aux dispositifs en vigueur au moment de sa rédaction. Les aides à l'apprentissage peuvent évoluer selon les lois de finances et les décrets d'application. Nous vous recommandons de vérifier les conditions actuelles auprès de votre OPCO ou de votre chambre consulaire avant de vous engager.

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